Conformité RGPD
DPO externalisé

Pixels de suivi : ce que la recommandation de la CNIL change pour vos campagnes marketing

Lola Noël
•
DPO externalisée certifiée CIPP-E
July 17, 2026
•
9 min

Si vous réalisez des campagnes marketing, des newsletters ou de simples campagnes relationnelles, alors vous utilisez presque certainement des pixels de suivi, et souvent sans le savoir.

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Un pixel, c'est quoi au juste ?

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Un pixel de suivi, ou pixel de tracking, est une image invisible, minuscule, que l'on insère dans un email. Le but est de pouvoir mesurer le taux d'ouverture, le moment et depuis quel appareil la personne ouvre le courriel.

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On peut le comparer à un cookie qui se pose sur le terminal de l'utilisateur et qui permet de lire une information. Et c'est pourquoi les pixels rentrent dans le champ de l'article 82 de la loi Informatique et Libertés, le même article que pour les cookies.

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Et c'est tout le sens de la recommandation de la CNIL du 12 mars 2026 relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques, dont l'échéance de mise en conformité est fixée au 14 juillet 2026.

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La formule à retenir est simple : un pixel de suivi obéit désormais à la même logique qu'un cookie. Dès qu'un traceur est concerné par l'article 82, la question devient systématiquement la même : ai-je besoin du consentement de la personne, ou en suis-je exemptée ?

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Le principe : consentement par défaut

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La règle est facile à énoncer : l'insertion d'un pixel de suivi nécessite le consentement préalable du destinataire, sauf si le pixel poursuit exclusivement une finalité exemptée.

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Tout est là : il faut savoir le pourquoi du pixel, pourquoi on a besoin de ce pixel. L'important, c'est de savoir quel usage on fait de la donnée.

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Ce qui exige le consentement

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Le consentement préalable s'impose pour l'essentiel des usages marketing, tels que :

  • l'analyse du taux d'ouverture à des fins d'optimisation des campagnes, par exemple personnaliser les contenus, ajuster la fréquence ou le canal (email, SMS, push). C'est le cas le plus couramment soumis au consentement ;
  • la construction de profils pour cibler la personne dans d'autres contextes (site web, application, autres canaux). C'est ce qu'on appelle le ciblage cross-canal ;
  • la détection de fraude : ouvertures inhabituelles ou massives, comportements de bots ;
  • les mesures de délivrabilité, dès lors qu'elles dépassent une gestion strictement technique.

Les cas concernés par l'exemption

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À l'inverse, certains usages peuvent échapper au consentement, à condition que le pixel serve exclusivement à cela. C'est le cas des emails transactionnels : email de bienvenue, confirmation de commande, facture, réinitialisation de mot de passe, notification de livraison. Ceux-là rentrent dans le champ de l'exemption.

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Le piège : le pixel a sa propre vie juridique

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C'est le point que la plupart des équipes marketing découvrent, et c'est celui qui coûte le plus cher quand on se trompe.

Pourquoi ? Parce que le régime des pixels est autonome de celui applicable à l'email lui-même.

Qu'est-ce que cela veut dire ? Qu'un email peut parfaitement être adressé sans consentement, à des clients existants, dans un cadre transactionnel ou en prospection B2B, sans que cela permette pour autant d'y intégrer des dispositifs de suivi.

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Autrement dit, un email qui n'est pas soumis au consentement pour son envoi peut tout de même l'être pour le pixel de suivi qu'il contient.

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Deuxième erreur : déléguer le tracking ne vous protège pas

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Attention à une deuxième erreur : beaucoup d'entreprises pensent se protéger en déléguant le tracking à un prestataire spécialisé. C'est une erreur de raisonnement.

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Même si vous utilisez un sous-traitant pour le routage et le tracking, l'expéditeur reste responsable du traitement des données issues des pixels utilisés dans ses courriels, même lorsque celui-ci est réalisé par un tiers. D'où l'intérêt de vous assurer de la conformité de vos prestataires avant de leur déléguer ce type de service.

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Recueillir le consentement et pouvoir le prouver

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Le consentement s'applique de la même manière que pour les cookies.

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Il doit être recueilli au bon moment, idéalement au moment de la collecte de l'adresse email. La bonne pratique est donc d'ajouter un nouvel opt-in, une case à cocher spécifique aux pixels de suivi, dans vos formulaires.

Et si vos campagnes marketing sont déjà en place et que vous avez déjà collecté le consentement des personnes, vous pouvez envoyer un email sans pixel de suivi qui renvoie vers une page où la personne effectue une action positive, c'est-à-dire où elle clique pour accepter les pixels de suivi.

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Attention : le silence ou l'inactivité valent refus. Si les personnes ne répondent pas favorablement à votre demande, il s'agit d'un refus.

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Le consentement doit aussi pouvoir être donné séparément pour des finalités distinctes. On ne peut pas se contenter d'un opt-in général, une seule case à cocher qui regrouperait les cookies, les pixels de suivi et le consentement au tracking.

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Il faut également laisser à l'utilisateur le droit de refuser à tout moment. Idéalement via un lien en bas de page de chaque email, sans que la personne ait à ressaisir son adresse.

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Enfin, pensez à garder la preuve du consentement. Vous devez pouvoir démontrer, en cas de contrôle, que vous avez bien obtenu le consentement des personnes.

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